Ferme urbaine : Interview de Lucie de La REcyclerie

29/06/2017
Lucie-recyclerie

Bonjour Lucie. Pour commencer, peux-tu nous présenter rapidement La REcyclerie ?

La REcyclerie se situe sur le lieu de l’ancienne gare Ornano porte de Clignancourt, gare qui a fermé en 1934 comme presque toutes les gares des environs. Ensuite c’est devenu une brasserie, une banque, les locaux de la mairie et enfin La Recyclerie en 2014 ! La Recyclerie c’est d’abord un modèle économique mixte : d’un côté, une entreprise avec le café-cantine et de l’autre, l’association des amis recycleurs qui va gérer les différentes activités du lieu comme l’atelier de réparation dit l’atelier de réparation de chez René, la ferme urbaine et la programmation des activités éco-culturelles. La Recyclerie se veut avant tout un lieu d’échange ancré sur les valeurs du développement durable et de l’écologie.

Justement, concernant la ferme urbaine, quels animaux avez-vous chez vous ? Peux-tu nous décrire l’endroit ?

Dès le début du projet, il y avait une vraie volonté de ne pas utiliser uniquement l’espace disponible en espace de consommation mais d’accorder un espace à une ferme urbaine pour la dimension écologique. Il y a une toiture végétalisée avec 4 ruches, 16 poules Magalli et 2 canards coureurs indiens qui vivent très bien avec les poules ! Nous avons aussi deux systèmes de compostages : un lombri compostage et un compostage classique de 5 m³ où on valorise les déchets de la cuisine du restaurant et où les gens du quartier peuvent venir déposer leurs propres déchets. Au total, nous recyclons chaque année 8 tonnes de déchets par le compost et 2 tonnes par les poules. Il y a également une mare, un petit démonstrateur d’aquaponie* pédagogique et un potager de 400m² à but productif et pédagogique.

*L'aquaponie est une forme d'aquaculture intégrée qui associe une culture de végétaux en « symbiose » avec l'élevage de poissons.

Est-ce que tu peux nous décrire rapidement ce que représente pour toi l’agriculture urbaine ?

L’agriculture urbaine est selon moi une agriculture pluridisciplinaire car elle a différentes vocations. Elle peut être à la fois pédagogique, productive et esthétique. C’est un outil qui permet de rassembler les trois et de reconnecter les urbains avec la nature en recréant un lien entre les deux. Ce lien est très important pour éveiller les consciences face aux enjeux écologiques des années à venir.

Pourquoi avoir choisi Magalli pour ce projet, et quelles sont vos attentes envers vos partenaires ?

On essaie toujours de choisir des partenaires qui nous semblent humains et qui essayent de diffuser les mêmes idées et valeurs que nous. C’est ce qu’on a aimé chez Magalli ! Magalli est par ailleurs la seule à proposer le Poul’tri Bio, un aliment spécialement pour les poules qui recyclent les déchets, ce qui est quand même le cœur de notre démarche !

Comment imagines-tu le futur de La REcyclerie d’ici quelques années ? Quels sont les projets à venir ?

Le projet évolue avec le temps. Il y a encore plein d’espaces à valoriser, des vignes par exemple ou des espaces pour la culture des champignons, il y a encore beaucoup de belles choses à réaliser pour valoriser notre espace. Mais pour l’instant, on vit dans le présent !

Pour toi, quelle serait l’évolution rêvée de l’agriculture urbaine ?

La priorité pour tous les acteurs de l’agriculture urbaine est de trouver un modèle économique viable ou d’avoir des investissements de la part des collectivités. Beaucoup de personnes veulent pratiquer l’Agriculture Urbaine et elles ont besoin d’être accompagnées. On espère conserver une vraie diversité car c’est la force de l’agriculture urbaine. Nous sommes dans un milieu très associatif et il faut que ça le reste afin de ne pas se faire aspirer dans une logique unique de rentabilité économique.

© La REcyclerie

Catégorie : Nos ambassadeurs